Alver prend de l’envergure

13 juillet 2017 Alver

Basée à Chardonne, la société spécialisée dans les aliments et boissons à base d’algue a bouclé son premier tour de table

La start-up active dans l’agroalimentaire Alver a bouclé avec succès un important appel de fonds sur la plateforme Raizers, a-t-onappris mardi. Ce premier tour de table a dépassé les attentes avec une levée de capitaux qui a atteint 288.000 francs pour un objectif de départ de 250.000 francs. Quinze investisseurs ont répondu à l’appel de l’entreprise basée à Chardonne (VD). Parallèlement, Alver a bénéficié des soutiens logistiques et financiers de l’association Innovaud, du Service de la promotion économique et du commerce (SPECo) et de la Fondation pour l’innovation technologique (FIT). Cette aide s’est notamment matérialisée sous la forme d’un prêt sans intérêt (FIT Seed) de 100.000 francs.

En phase de «scaling up»

La mobilisation de nouveaux moyens financiers s’avère capitale pour Alver qui entre typiquement dans la phase dite de «scaling up», autrement dit de changement d’échelle. Cette étape est d’autant plus importante que le core business de l’entreprise n’a a priori
rien d’évident. Car chez Alver, tout tourne autour d’une algue, la chlorelle. La société, créée par Mine Uran et Majbritt Byskov-Bridges, un duo 100% féminin, développe en effet des aliments et des boissons à base de sa recette maison de poudre d’algue, la «Golden Chlorella». «Riche en protéines, en vitamines, en minéraux, en acides aminés et en oméga. Exempte d’OGM, de gluten, de lactose et de toute substance allergène», Mine Uran égraine dans un argumentaire bien rôdé les vertus de sa «Golden Chlorella». Celleci aurait même les capacités de «déclencher une désintoxication naturelle qui élimine les métaux lourds et les polluants du corps». La litanie ferait sourire si elle n’émanait pas d’une ancienne cheffe de la R&D sur les protéines du groupe Nestlé, qui reste une experte mondialement connue dans le domaine. Les deux cofondatrices d’Alver le savent bien: l’avenir de leur société repose largement sur leur crédibilité et sur leur capacité de convaincre à large échelle des bienfaits de cette algue aux vertus nutritionnelles exceptionnelles, mais peu connue sous nos latitudes en dehors des
végans et des végétariens.

Pas de perturbation du goût

Autre problème pour toucher un large public, la chlorelle n’a pas la réputation de flatter les papilles. Dans ce domaine, Alver détient toutefois un atout majeur. «Notre chlorelle est unique du fait qu’elle n’a ni la couleur, ni le goût d’algue. Grâce à la nouvelle souche de micro- algues que nous exploitons, nous pouvons confectionner des aliments du quotidien sans perturber les goûts», explique Majbritt Byskov-Bridges. Une innovation qui ouvre naturellement des perspectives très prometteuses pour une application multi-produits de la «Golden Chlorella». Mais pour l’heure, si le savoir-faire des deux fondatrices d’Alver est breveté, l’offre commerciale reste encore limitée. Les levées de fonds communiquées récemment permettront donc d’accélérer le développement et la mise sur le marché d’une gamme élargie de produits «100% naturels, richesen protéines et en nutriments». Outre la poudre d’algue et les biscuits, l’offre se déclinera dès lors également sous la forme de soupes, de sauces, de pâtes ou encore de barres protéinées. Pour la production et la distribution de ces dernières, Alver a d’ailleurs noué un partenariat avec l’artisan- restaurateur Takinoa qui, à travers ses six boutiques ouvertes entre 2014 et 2016, est solidement implanté sur l’Arc lémanique. Hormis le déficit de notoriété de la chlorelle, le projet d’Alver semble donc sur la bonne voie. L’innovation dans le bien-être et la santé a le vent dans les voiles, alimenté par les aspirations profondes de larges pans de la société à mener une existence marquée du sceau d’une hygiène impeccable. Ce mouvement est si puissant qu’il fait même plier les mastodontes de l’agroalimentaire, bousculé par les préoccupations écologiques des consommateurs et par les nouvelles tendances comme le «flexitarisme» (semivégétarisme). Même les derniers grands carnivores ne devraient pas se faire trop d’illusion. Le jour où on leur fera avaler des algues n’est plus très loin. – (NGB)

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